Verolock : Vestiges accessibles à sec

- PRÉSENTATION DU SITE
- LOCALISATION
- HISTORIQUE
- DESCRIPTION DU SITE
- CONCLUSION
Présentation du site
Du navire Verolock, il ne reste pas grand chose. Quelques fragments de coque, le vilebrequin et deux chaudières partiellement ferraillées. Le site est dispersé sur un plateau rocheux dans la zone de l'estran, à l'ouest de l'entrée de l'Aber-Wrac'h. Au gré des marées, les éléments couvrent et découvrent. Il est donc possible de les observer en détail, à pied sec, à condition d'être dans la bonne fenêtre horaire.
Il s'agit d'une corvette de classe Flower, commandée par la France en 1939, mais gardée par les britanniques après l'invasion allemande. Vendu après une carrière d'escorteur de convoi pour la marine anglaise, puis américaine, à une compagnie privée, le navire s'est échoué sur les roches de Kerguen après avoir rompu ses amarres lors de son remorquage pour la destruction, en janvier 1947. Ferraillé par des professionnels, il ne conserve que quelques rares fragments métalliques bloqués par la corrosion entre les roches, deux petites portions de coque, un vilebrequin et les restes de deux chaudières en partie découpées. Ces chaudières sont de type Scotch boilers, tubulaires à retour de flamme et trois foyers.
L'intérêt du site est de permettre, du fait de cette découpe, l'observation de détails internes qui ne sont en général pas accessibles. Et bien que ce type de chaudière soit très documenté, l'analyse a permis de pointer deux éléments qui n'apparaissent pas dans la littérature technique classique : des cylindres poinçonnés sur les plafonds des tubes à feu, et l'obstruction d'un certain nombre de tubes de fumée par des bouchons en bois, des pinoches. La situation des restes dans une zone rocheuse qui découvre nous a permis, malgré un accès difficile, de faire cette étude à pied sec, ce qui est pour notre équipe une première.
Bien que très fragmentaires, ces vestiges méritent une étude, car ils présentent des éléments qui sont souvent masqués sur les épaves. L'oxydation limitée, l'absence d'encroûtement et d'algues qui sont classiques sur les éléments métalliques immergés, permet également de voir les détails des structures.
Nous avons étudié ces vestiges dans le cadre d'une opération archéologique (OA 3833 DRASSM) en 2019, avec Jean-Pierre Joncheray.
Les photographies sont indistinctement de Michel Huet, François Mathieu, René Ogor.
Les images drone sont de Julien Gaudin.
Localisation
(Commune de Landéda 29870. Position : 48°36.453' N 4° 37.395' W)
Les restes sont posés sur le plateau rocheux de Kerguen, à l'ouest de la presqu'île de Sainte Marguerite, à l'entrée de l'Aber Wrac'h.
Nous sommes dans la zone de l'estran. Par grand coefficient de marée le maximum est de l'ordre de huit mètres. Par marée basse de coefficient de 120 le vilebrequin est à un mètre cinquante au-dessus du zéro des cartes, et le sommet de la chaudière à environ six mètres au-dessus. À pleine mer de vive eau, il y a donc à peu près deux mètres d'eau au-dessus de la chaudière. L'annexe 4 illustre cette variation de hauteur d'eau.
Carte marine : 7094. 
Figure 1 : Situation des vestiges du Verolock (extrait de la carte SHOM 7094). Le petit point rouge indique la position de l'épave du Courrier du Maroc, étudiée par la même équipe en 2018.




